Association Suisse des Professeurs de Français

La Lettre circulaire de l'ASPF


Une semaine en pélerinage - récit d’une voyage de reconnaissance

A peine arrivés à Cluny, avons-nous péché par gourmandise. Un péchés mignon dès le départ, dans une charmante auberge qui porte bien son nom: «le Potin gourmand». Le potin est une chaufferette de terre autour de laquelle les femmes se réunissaient pour bavarder», et par métonymie le potin est devenu synonyme de bavardages, commérages. (Laurent Riou).
Histoire de faire amende honorable, nous nous sommes levés tôt le lendemain pour visiter l’Abbaye de Cluny, ou plutôt, ce qu’il en reste. Car ce n’est pas grand’chose, malheureusement. Or, en levant les yeux vers la tour de l’Eau bénite – la seule restante - et en regardant les maquettes et le film en trois dimensions, l’on se rend compte de l’immensité de cette église romane, longue de 187 mètres et surplombée d’une coupole de 40 mètres de haut. Maintenant on peut s’imaginer pourquoi Cluny était le centre de la Chrétienté du Moyen Age.
Vers midi, nous avons attaqué allègrement le Chemin de Saint Jacques de Compostelle à travers la campagne bourguignonne et nous nous sommes efforcés de gagner quelques indulgences en visitant de nombreuses églises et en herborisant. Nous en tant que pélerins modèles, avons appris que « Le Charme d’Adam c’est d’Hêtre à poils »1 et que le phallus impudique répand un parfum peu ragoûtant pour attirer les mouches...
Bref, tout le monde était heureux d’arriver au château de la Belle au bois dormant où nous avons été chaleureusement accueillis, ce jour-là, par un vrai châtelain et sa famille.

Le lendemain était consacré à la visite des deux abbayes de Charlieu – l’une bénédictine, l’autre franciscaine – et à la rencontre d’un amoureux du patrimoine culturel de la région. Un des cloîtres du bourg a pu être sauvé in extremis par son « Association des Amis des Arts de Charlieu ».
Le Chemin de St Jacques nous a fait traverser la plaine de la Loire avant d’arriver dans le superbe village médiéval perché de Saint Haon-le-Châtel où nous avons été accueillis au château. Nous avons aussi visité un village perché au bord de la Loire: St Jean-St Maurice, où l’on peut admirer de belles fresques, dont celle de St Jacques pèlerin du XIIIe. Découvrir une région en l’arpentant, il n’y a rien de mieux pour la connaître vraiment!

Martin Bischof

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