La Lettre circulaire de l'ASPF
L'ASPF - entre tradition et changements
Le temps passe, les années filent. Tout ne change pas cependant, il y a des traditions, comme l'Assemblée des déléguées et des délégués de la SSPES et, avec elle, l'Assemblée plénière de l'ASPF au mois de novembre. Elles se déroulent cette année dans le canton d'Argovie, à Zofinge (ordre du jour et thème du débat en page 2).
Vu les enjeux de l'avenir du gymnase et de notre discipline - langue maternelle et langue étrangère au niveau gymnasial confondues, il serait fort souhaitble que nos membres se mobilisent. Il faudra des stratégies. de nouvelles idées et de nouveaux arguments pour valoriser l'enseignement de notre langue. La rupture avec la tradition de l'absentéisme des dernières années serait de mise.
La questions des standards de formation est un sujet fortement discuté - dans les pays germanophones beaucoup plus que dans les pays francophones, il est vrai. En Suisse, le profit d'harmonisation de l'école obligatoire HARMOS sera basé sur des standards de formation et évalué avec des tests. Ceci ne sera sans doute pas sans conséquences pour le gymnase et la révision des plans d'études cadre qui se dessine à l'horizon. Dans le canton d'Argovie justement, des réformes dans ce sens sont déjà en cours. Notre invité, Jean-François de Pietro, lui est, e.a., est un spécialiste de la langue et collaborateur au projet HARMOS en Suisse romande. J'ose espérer que le débat sera riche et animé.
Le compromis des langues de la CDIP du 25 mars 2004 et la discussion au Parlement de cet automne sur l'enseignement des langues ne resteront pas sans conséquences pour le gymnase de demain. La Plateforme gymnase Pgym de la CDIP abordera ce sujet dans son rapport prévu pour l'année prochaine. La Commission des langues vivantes CLV de la SSPES s'occupe de ces questions et prépare des manifestations pour l'année prochaine. Elle cherche de nouveaux membres. Je pense que l'ASPF a tout intérêt à y être représentée avec plusieurs membres actifs (les personnes intéressées sont priées de contacter soit le soussigné soit directement le président de la CLV, Marco Polli).
Une des conséquences de l'actuelle politique linguistique consisterait à renforcer l'enseignement bilingue (voir à ce sujet le discours de l'ancien Directeur de l'instruction publique du canton de Berne et actuel président de Pro Helvetia, Mario Annoni (page 7). Je ne répète pas ici les exigences à un tel enseignement formulées dans une de mes premières Lettres circulaires. Mais je continue à penser que l'ASPF ferait bien d'élaborer des thèses bien approfondies à ce sujet. Cela pourrait faire objet du débat aussi bien que la question de savoir si l'anglais et la première langue nationale enseignés déjà à l'école obligatoire devront toujours faire partie des disciplines obligatoires au niveau gymnasial. Les expériences avec la réglementation actuelle qui permet de mettre l'allemand ou le français LE en concurrence avec une autre langue nationale, en l'occurrence l'italien prouve que nous n'aurions pas forcément à perdre, à condition cependant que nous arrivions à donner un profil net (axé sur des contenus littéraires et culturels et / ou orientés davantage vers une approche scientifique de la langue).
L'ASPF s'engage sur plusieurs fronts : Elle propose des cours dans le cadre du programme du CPS (page 15) de l'un de nos responsables des cours, Martin Bischof). Ces cours trouvent leur public fidèle, mais nous avons l'impression qu'un nombre croissant de nos collègues peut de moins en moins participer à ces cours étant donné les nombreuses
activités au sein des établissements ou au niveau des cantons. Cette tendance risque de rétrécir considérablement l'horizon du corps enseignant des gymnases. Une plus grande mobilisation serait souhaitable du côté des professeurs de français langue maternelle. L'équipe de l'ASPF désire satisfaire au mieux aussi les besoins de l'enseignement du FLM. Si l'offre actuelle est insuffisante, n'hésitez pas à nous le faire savoir. Un enseignement de la langue maternelle bien visible dans l'ensemble du pays, renforcera aussi le poids de l'enseignement de la langue étrangère.
Faire voir et valoir le français et sa culture, c'est l'objectif de la dorénavant traditionnelle semaine de la francophonie que l'ASPF soutient communément avec le Service de coppération et d’action culturelle de l’Ambassade de France. Notre secrétaire, Elisabeth Kleiner, collabore activement au groupe d'organisation. Nous publions dans ce numéro l'avant-programme de la prochaine semaine de la francophonie et vous invitons d'ores et déjà à prévoir votre contribution à cette semaine dans votre établissement en participant aux activités culturelles et en mettant à profit la valise pédagogique.
L'un de nos soucis dans ce contexte, est de faire voir que la Suisse plurilingue est un membre important de la famille francophone. C'est avec plaisir que nous présentons dans ce numéro un éditeur romand (page 10). Rappelons que le manuel que la Commission du français langue maternelle de la FIPF prépare en vue du prochain Congrès mondial du français à Québec en été 2008 en consacrera une partie à quelques auteurs romands et que, sur l'initiative de notre collègue Georges Maeder, nous avons aussi obtenu un soutien du Département des Affaires étrangères.
L'ASPF se fait le relais entre les nombreuses initatives pour encourager les jeunes à (mieux) apprendre le français et les praticiennes et les praticiens dans les classes (voir à ce sujet p.ex. leur participation au concours du jeune écrivain), mais aussi le relais entre ces professeurs dans les différentes école du pays et leurs collègues : notre collègue schwytzois Raphael Rezzonico présente dans ce numéro une expérience particulièrement réussie sur une visite dans un musée.
Pour bien jouer son rôle, l'ASPF a besoin de vous, de ses membres et aussi de nouveaux membres. Nous vous invitons - c'est aussi devenu presqu'un rite - à faire connaître à vos collègues l'existence de notre association et de ces activités. Si nous voulons ne pas seulement subir ce qui se décidera dans les parlements ou dans les bureaux des administrations de l'instruction publique, les enseignantes et les enseignants doivent se manifester. Ceci pourra se faire dans la rue mais si c'est nécessaire, cela risque d'être un peu tard. Manifester sa solidarité, élaborer des séquences d'enseignement, des plans d'études, des programmes d'échange ou autres prises de osition risque d'être à la fois plus efficace, plus enrichissant et plus satisfaisant.
Et si vous souhaitez prendre un peu plus de responsabilité, si vous souhaitez faire bouger des choses, sachez que vous aurez cette occasion: la secrétaire et le président se retireront l'année prochaine. Après douze ans, un changement s'impose. N'est-ce pas ?
panta rhei - tout est en mouvement ou ne l'est pas, même dans les associations et les traditions.
Urs Tschopp